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Grand Katanga : une exploitation minière artisanale en violation des droits humains - Opera News Official

Dans la production des minerais en RDC, outre les exploitants industriels, on compte les exploitants artisanaux. Née du besoin de faciliter les moyens de subsistance à une population en quête de survie, l’exploitation minière artisanale s’accompagne malheureusement  de  graves violations des droits humains. C’est ce qui se passe dans le grand Katanga.

De l’avis des activistes des droits de l’homme, les droits des creuseurs artisanaux sont bafoués dans l’ancien Katanga. La loi minière prévoit pourtant des zones destinées à l’exploitation artisanale, mais en réalité ces zones sont quasiment inexistantes sur le terrain. De quoi parler d’ores et déjà de violation ou de non-respect de la réglementation en la matière. Nécessité de créer les zones d’exploitation artisanale Pour l’ONG Afrewatch, qui travaille pour la protection des droits humains dans l’exploitation des ressources naturelles, le nœud du problème reste le manque de zones d’exploitation artisanale (ZEA). Un manque qui a pour conséquence l’incursion des creuseurs dans les concessions privées où de temps en temps ils sont durement réprimés. Richard Ilunga  Mukena de l’Afrewatch souligne que « pour parler des droits des ‘’artisanaux’’, il faut se rassurer que ces derniers se retrouvent sur des concessions formelles. Mais à partir du moment où ces creuseurs travaillent dans des concessions privées, ils sont considérés comme des clandestins. Ainsi, les sociétés minières disposant de titres de propriété font appel aux agents de l’ordre (Police et FARDC) pour expulser les creuseurs avec toutes les violences possibles. C’est à ce niveau qu’on peut parler de violations des droits humains ». Et d’ajouter : « Les ‘’artisanaux’’ sont violemment expulsés des concessions privées. Il y en a qui reçoivent des balles. D’autres sont torturés, et pire encore, certains meurent notamment dans des éboulements sans aucune assistance. Avec ça on parlera de violations des droits humains et non de violations des droits des artisanaux. » Violation des droits des artisanaux, l’Etat au banc des accusés L’Etat congolais est en première ligne, au banc des accusés, en ce qui concerne les violations des droits des artisanaux. « Sachant qu’il n’existe pas de zones d’exploitation artisanale, l’Etat agrée l’implantation des comptoirs d’achat des produits issus de l’artisanat à côté des sites industriels. C’est ça qui favorise l’entrée clandestine des creuseurs », estime Richard Mukena. Toutes les concessions minières actuelles, dans la région, appartenaient à la Gécamines. Et, ironie de l’histoire, ce sont les enfants des agents de l’Union minière du Katanga en difficulté,  qui ont été les premiers artisanaux dans les remblais, assurent les témoins du début du creusage artisanal. « En cédant les titres aux privés, on n’a pas songé aux artisanaux », déplore Richard Mukena. Abondant dans le même sens, le défenseur des droits humains Mattias Ben Bella de l’ACDH (Action contre l’impunité), soutient que ces zones, si elles existent quelque part, elles ne sont pas viables. « Les exploitants artisanaux sont tenus de s’organiser en coopérative. Ces derniers, faute d’organisation, sont utilisés par des détenteurs des coopératives de mallette », explique le défenseur des droits humains. Il poursuit : « A défaut des ZEA viables, ils sont obligés [Les creuseurs] d’entrer clandestinement dans des concessions appartenant aux compagnies minières. Ils travaillent dans des conditions  de travail infra humaines (sans équipements adéquats).» C’est sans compter, en même temps, la présence des enfants et femmes enceintes dans les carrières minières. Une autre pratique qui favorise des violations des droits humains. Les services de l’Etat ne parviennent parfois pas à jouer leur rôle. Sortir de l’enfer des violations des droits des artisanaux Pour contrer ces violations récurrentes des droits humains, il importe de créer des zones d’exploitation artisanale. Il s’agit d’une solution qui va permettre aux artisanaux de travailler paisiblement et dignement. Actuellement les ZEA n’existent que sur papiers et ne répondent pas aux normes de viabilité, à savoir : Avoir un certain pourcentage de teneur ; Permettre aux artisanaux de travailler avec les moyens rudimentaires sans besoin d’engins pour la découverture ou le transport. Mais sur papiers, les ZEA cédées aux artisanaux ne sont pas viables. Elles existent soit trop  loin, soit elles n’ont pas de gisements ; ou encore elles n’offrent pas la possibilité de faire une exploitation manuelle. Il y a ce manque d’organisation des exploitants artisanaux, la plus part des coopératives créées, ont été rachetées par des industriels privés en vue de s’imposer en matière de fixation des prix.
A relire :
1. Les mines de cobalt dans nos maisons : le Lualaba et le Haut-Katanga appelés à agir ensemble
En RDC, l’artisanat contribue à près de 20% à la production nationale. Le besoin s’impose de formaliser ce secteur. Il existe une difficile cohabitation entre les artisanaux  miniers et les industries extractives, ce qui conduit aux violations des droits humains. Les causes du problème sont notamment : la pauvreté, le manque d’emplois, le coût élevé de la vie, etc.

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